Quel héritage va laisser Natacha Rafalski après 8 ans à Disneyland Paris ?

C’est une énorme page qui se tourne pour le parc à thème le plus visité de France.
Après sept ans et demi passés à la tête de Disneyland Paris, Natacha Rafalski s’apprête à passer le relais. Nommée en décembre 2018, elle laisse derrière elle un héritage monumental : le plus vaste chantier d’expansion depuis l’ouverture du resort en 1992, des résultats financiers records, mais aussi quelques tempêtes. Retour sur le mandat d’une présidente qui aura marqué l’histoire du parc de son empreinte.
Une femme de chiffres à la tête d'un petit empire
Avant d’incarner le sourire de Disneyland Paris, Natacha Rafalski, c’est d’abord un parcours de financière. Franco-Américaine née à Montréal en 1968, elle rejoint The Walt Disney Company en 1995. Elle gravite un à un les échelons : vice-présidente finance corporate en 2005, puis directrice financière et vice-présidente senior stratégie et finances pour Disneyland Paris, avant de prendre la tête des finances pour la Grande Chine de 2013 à 2017.
Un profil stratégique qui la préparait à relever le plus grand défi de sa carrière : prendre les rênes du resort parisien en cette fin d’année 2018.
L’épreuve du Covid et la résilience d’un géant
À peine installée, Natacha Rafalski doit faire face à une crise sanitaire mondiale sans précédent. En 2020, Disneyland Paris ferme ses portes pendant de longs mois, une première depuis son ouverture. Mais plutôt que de subir, la présidente et ses équipes préparent activement la suite : le chantier, lui, continue dans l’ombre.
Le parc rouvre en phases progressives, avec des jauges réduites et des gestes barrières. Une période difficile, mais qui permet à la destination de rester dans le cœur des visiteurs, impatients de retrouver la magie.
Le chantier du siècle : deux milliards d’euros de transformation
Car le vrai défi, celui qui occupera l’essentiel de son mandat, c’est la transformation XXL du parc Walt Disney Studios. Annoncé dès son arrivée, ce projet à deux milliards d’euros est tout simplement le plus ambitieux jamais entrepris depuis la création d’Euro Disney.
Première pierre : l’ouverture du Marvel Avengers Campus en juillet 2022. Un succès immédiat qui prouve que Disneyland Paris a les moyens de ses ambitions.
Deuxième étape : l’arrivée de World of Frozen, la zone dédiée à la Reine des Neiges, inaugurée le 29 mars 2026. Un univers immersif à couper le souffle, où l’on peut littéralement marcher dans Arendelle.
Et ce n’est pas fini. Une attraction inspirée du film Là-haut doit encore ouvrir prochainement, tandis que la construction de la zone Pride Lands, consacrée au Roi Lion — une exclusivité mondiale — est déjà bien engagée.
C’est tout le parc qui s’est métamorphosé, abandonnant son nom de Walt Disney Studios pour devenir le Disney Adventure World que l’on connaît aujourd’hui. Une mue spectaculaire qui a vu la superficie du parc quasi doubler.
Des résultats financiers record
Côté chiffres, le bilan est éloquent. En 2025, Disneyland Paris a réalisé un bénéfice net de 260 millions d’euros, soit près de trois fois plus qu’en 2024. Le chiffre d’affaires, lui, s’est envolé à 2,683 milliards d’euros, porté par une fréquentation en forte hausse et des visiteurs toujours plus nombreux à venir du monde entier.
Premier employeur mono-site de France avec 20 000 salariés, le parc a également créé 1 000 emplois directs supplémentaires grâce à cette expansion. Un moteur économique incontestable pour toute la région.
La controverse de la « premiumisation »
Tout n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. La stratégie de « premiumisation » voulue par la direction a fait grincer des dents. La tarification dynamique des billets d’entrée, la hausse des prix des nuits d’hôtel après rénovation et la refonte controversée des passes annuels ont provoqué la colère d’une partie des fans.
Un mouvement baptisé « Les Oreilles Jaunes » est né, dénonçant un tournant jugé « élitiste » de la destination. En 2023, un mouvement social inédit a même vu des cast members manifester à l’intérieur même du parc — des images surréalistes qui ont un temps entaché la supposée « magie Disney ».
Cap sur les croisières
Mais l’histoire retiendra surtout une présidente qui aura transformé en profondeur le resort français. À compter du 6 juillet 2026, Natacha Rafalski prendra la tête de Disney Signature Experiences, la branche du groupe dédiée aux croisières et aux expériences haut de gamme. Sa mission : piloter l’expansion historique de la flotte Disney Cruise Line, qui passera de huit à treize navires d’ici 2031.
Un nouveau chapitre qui s’ouvre pour celle qui restera comme la présidente la plus longtemps en poste depuis Robert Fitzpatrick, le tout premier patron d’Euro Disney. Et dire qu’elle a attendu 2026 pour enfin pouvoir dire : la mission est accomplie.



