Disneyland Paris condamné pour la mort d'un technicien dans Phantom Manor

C'est un verdict attendu depuis dix ans. Disneyland Paris vient d'être condamné pour la mort d'un technicien survenu en 2016 dans Phantom Manor, la célèbre maison hantée de Frontierland. Le tribunal correctionnel de Meaux a déclaré la société Euro Disney Associés coupable d'homicide involontaire.
La condamnation a été confirmée mercredi 26 août par le parquet, après une information du Parisien relayée par l'AFP. Euro Disney Associés écope de 225 000 euros d'amende, le maximum requis par le procureur. Bureau Veritas, chargé des contrôles électriques du resort, a été relaxé. Le jugement a été rendu le 21 août, six semaines après l'audience du 7 juillet.
Un agent électrocuté en changeant une ampoule
Le drame remonte au 2 avril 2016. Olivier, 45 ans, agent de maintenance chez Disneyland Paris depuis 2002, est appelé par radio avant l'ouverture du parc. Il doit remplacer l'ampoule d'un projecteur de Phantom Manor, indispensable à la sécurité des visiteurs dans l'attraction
L'enquête relève plusieurs défaillances : un câble d'alimentation dégradé et inadapté, l'absence d'un dispositif capable de couper le courant en cas de danger, un espace de travail exigu, dans le noir, en hauteur. Les alertes du personnel ont été ignorées et les procédures internes rédigées comme de simples préconisations.
Dix ans de procédure et un procès à charge
Il a fallu une succession de juges d'instruction, une mise en examen des deux sociétés en 2023, de nouvelles expertises, puis un renvoi devant le tribunal au début de 2026. À l'audience du 7 juillet, le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a jugé les manquements « totalement imputables à Euro Disney ». Il a même présenté ses excuses aux deux filles d'Olivier pour les lenteurs de la justice.
La défense a tenté de faire peser une part de responsabilité sur le salarié. L'inspection du travail, les experts et le tribunal n'ont pas retenu de faute professionnelle à sa charge. L'UNSA Disneyland Paris, seule organisation syndicale partie civile, le répète : « Le professionnalisme d'Olivier n'a jamais été en cause. »
113 000 euros pour les filles, 2 millions d'euros de travaux
Les deux filles d'Olivier ont obtenu un peu plus de 113 000 euros de dédommagement au total, selon le syndicat. La presse locale détaille environ 53 000 euros chacune au titre du préjudice d'affection et des frais d'avocat, plus une somme complémentaire pour l'une d'elles. L'UNSA se voit allouer 10 000 euros pour l'atteinte aux intérêts collectifs des salariés et 2 000 euros de frais de procédure.
Euro Disney assure avoir modifié ses procédures depuis le drame : remplacement des projecteurs par des modèles LED et installation de disjoncteurs différentiels sur les attractions, pour un investissement de 2 millions d'euros. Pas de quoi rassurer le syndicat. António Fattractionsnbsp;Paris, a réagi à l'AFP : « Ce jugement ne ramènera pas notre collègue Olivier, mort en intervenant en urgence sur une attraction, mais on espère qu'il fera prendre conscience à la direction qu'elle fait prendre des risques à ses salariés, avec des équipes de maintenance en sous-effectif chronique. »
225 000 euros pèsent peu face au chiffre d'affaires du resort. Mais le jugement vaut reconnaissance officielle : un homme est mort en changeant une ampoule pour que l'attraction ouvre à l'heure, et l'entreprise a été déclarée responsable. Dix ans plus tard, Phantom Manor continue de tourner.
Jon Rakotozafy
Rédacteur en chef de parcsnonstop.fr
Jon travaille dans les médias depuis plus de 15 ans et se passionne pour l'univers des parcs à thème et leurs coulisses. Il a à cœur de partager toutes les actualités avec le plus grand nombre, connaisseurs comme simples amateurs.



