Le président du Puy du Fou s'oppose à l'arrivée du parc Dragon Ball

L'éventualité de voir débarquer un grand parc d'attractions Dragon Ball en France (sur les ruines de l'ancien parc Mirapolis à Cergy-Pontoise) fait beaucoup de bruit. Si le projet enthousiasme logiquement les fans du célèbre manga, il provoque aussi de vives réactions du côté des défenseurs du patrimoine culturel.
Parmi eux, Nicolas de Villiers, le président du Puy du Fou, vient de publier une tribune cinglante pour s'opposer publiquement à ce projet. Pour lui, l'arrivée de la licence asiatique en France est le symbole tragique d'un pays qui a cessé de croire en sa propre culture. Voici les grandes lignes de son intervention.
Le grand effacement de la culture française
Pour Nicolas de Villiers, le lieu choisi pour ce potentiel projet est particulièrement lourd de sens. Mirapolis, ouvert en 1987, était le premier véritable parc à thème français. Son icône absolue ? Une statue de 35 mètres de haut représentant Gargantua, le célèbre géant de la littérature de Rabelais. À l'époque, le parc avait pour ambition de s'inspirer de la littérature, des contes et des légendes de France.
Quarante ans plus tard, c'est exactement au même endroit que l'on voudrait implanter la licence japonaise. Pour le patron du Puy du Fou, le constat est amer : "Gargantua sera bientôt remplacé par un certain Sangoku. Rabelais cède la place à Dragon Ball".
Il déplore que les dirigeants français se réjouissent de bazarder le roman national pour importer des imaginaires étrangers, préférant "Sangoku plutôt que Cosette". Selon lui, il est tout à fait sain de s'intéresser à la culture japonaise, mais il est dangereux de le faire au détriment de l'immense héritage historique français qui regorge pourtant d'histoires formidables à raconter.
Un investissement saoudien qui pose question
Au-delà de l'aspect purement culturel du manga, Nicolas de Villiers pointe du doigt le financeur du projet : l'Arabie saoudite. Riyad déploie actuellement un vaste plan de développement ("Vision 2030") en investissant massivement dans le sport, le cinéma, l'e-sport et les parcs d'attractions.
Selon l'entrepreneur français, le pays du Golfe a parfaitement compris que la culture était l'arme de puissance par excellence pour rayonner à l'international. "Le pétrodollar saoudien n’investit pas dans un manège : il finance un récit, une mythologie, un point de vue civilisationnel", analyse-t-il. Et si cette lointaine puissance réussit à implanter ce projet en France, c'est uniquement parce que notre pays laisse "le vide" s'installer en refusant d'investir dans ses propres racines.
En guise de conclusion, le président du Puy du Fou rappelle que son propre parc réussit à lever des sommes tout aussi colossales, sans aucune aide de l'État, en misant exclusivement sur l'Histoire locale. "Ce n’est donc ni de talent ni d’appétit populaire que la France manque pour remplacer Mirapolis par un projet français, c’est seulement de la volonté de croire en elle-même."



