La France est-il le nouvel eldorado des parcs d’attractions ?

L’Arabie saoudite met 6 milliards d’euros sur la table pour construire trois parcs à thème près de Paris. Disneyland multiplie les milliards dans l’extension de son second parc. Le Parc Astérix programme des projets ambitieux. Et tout le monde veut sa part du gâteau.
Des chiffres qui donnent le tournis
La France compte environ 650 parcs de loisirs, selon le Snelac (syndicat professionnel du secteur), qui totalisent 47 600 salariés. Ensemble, ils génèrent 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et attirent plus de 70 millions de visiteurs chaque année. Le marché croît de 6 % par an, une progression que peu de secteurs français peuvent revendiquer.
Disneyland Paris reste la locomotive, avec 16 millions de visiteurs et 2,68 milliards d’euros de CA en 2025. Mais les autres gagnent du terrain. Le Puy du Fou a accueilli 3 millions de visiteurs, le Parc Astérix 2,9 millions, le Futuroscope 2,6 millions. Même Vulcania a signé sa quatrième meilleure saison.
La France, vraiment devant tout le monde ?
Oui. Le classement TEA 2024 (Themed Entertainment Association) des 20 parcs les plus visités d’Europe le confirme sans appel : la France place cinq parcs dans le top 20, soit un quart du classement. Disneyland Park (10,2 millions), Disney Adventure World (5,5 millions), le Parc Astérix (2,8 millions), le Puy du Fou (2,8 millions) et le Futuroscope (2 millions) totalisent à eux seuls 23,3 millions de visiteurs.
Aucun autre pays européen ne fait mieux. L’Allemagne a aussi cinq parcs dans le top 20, mais pour seulement 13,9 millions de visiteurs cumulés. L’Espagne n’en a que deux (PortAventura 3,8M, Parque Warner 2,2M). Le Royaume-Uni en compte quatre, mais aucun ne dépasse 2,5 millions. Les Pays-Bas se réduisent à des parcs comme Dragon Ball à l’ouest. Le pari saoudien est clair : transformer Paris en destination multi-parcs, à l’image d’Orlando en Floride.
Pourquoi tout le monde suit le modèle de Disneyland
Pourquoi autant d’argent afflue dans un même secteur ? Comme le souligne Challenges, « la plupart des acteurs suivent le modèle de Disneyland ». Le billet d’entrée ne suffit plus. Il faut construire tout un écosystème autour.
Le billet ne représente plus que la moitié des revenus des meilleurs établissements. Hôtels, restaurants, produits dérivés, expériences premium : 40 à 50 % du CA vient de l’extension du séjour. Un parc qui compte six attractions et pas d’hôtel perd face à un concurrent qui propose un séjour complet.
D’où cette escalade. Chaque parc doit sans cesse agrandir, ajouter, renouveler. Celui qui s’arrête recule. Les investisseurs saoudiens, qui injectent 6 milliards dans un complexe entier, ont compris qu’il fallait tout construire dès le départ — pas seulement des montagnes russes.
Le politologue Jérôme Fourquet a dénoncé dans Le Figaro « le signe d’un déclassement de la France où les usines ferment et les touristes affluent ». La réalité est sans doute entre les deux : ni effondrement des acteurs historiques, ni partage sans douleur. Plutôt une accélération de la course aux nouveautés. Et les fans n’ont pas à se plaindre.
Les défis à venir pour les parcs français
- Concurrence accrue : Avec des investissements colossaux comme celui de l’Arabie saoudite, la France doit innover pour rester compétitive.
- Modèle économique : Le succès repose désormais sur l’écosystème autour du parc (hôtels, restaurants, merchandising).
- Sustainabilité : Face à la croissance, les parcs doivent aussi penser à leur impact environnemental et social.
Jon Rakotozafy
Rédacteur en chef de parcsnonstop.fr
Jon travaille dans les médias depuis plus de 15 ans et se passionne pour l'univers des parcs à thème et leurs coulisses. Il a à cœur de partager toutes les actualités avec le plus grand nombre, connaisseurs comme simples amateurs.



