Parc "Hollywood" à Perpignan : pourquoi les riverains sont en colères ?

C'est le genre de projet titanesque qui fait régulièrement la une de l'actualité des parcs d'attractions avant de disparaître. Au sud de Perpignan, le projet de parc à thème géant consacré au cinéma refait surface... et la facture donne le vertige : 905 millions d'euros !
Alors que l'État vient de donner son feu vert pour lancer une grande concertation publique, les riverains du quartier du Mas Bresson (là où le parc devrait s'implanter) montent au créneau. Et ils n'y vont pas de main morte.
Hollywood à Perpignan : un projet (trop ?) ambitieux
Derrière ce dossier explosif se trouve la société Studios Occitanie Méditerranée, dirigée par Bruno Granja. Son idée ? Bâtir sur plus de 60 hectares un véritable mastodonte du loisir dédié à l'industrie du cinéma.
Au programme des réjouissances annoncées :
- Six grands univers thématiques bourrés d'attractions.
- Une immense arena dédiée à l'e-sport.
- De vrais studios de tournage professionnels.
- Une capacité hôtelière de 1 000 chambres thématisées.
Le tout avec un objectif extrêmement agressif de 1,5 à 2,5 millions de visiteurs par an (ce qui le placerait directement dans la cour des plus grands parcs français comme le Parc Astérix ou le Puy du Fou). Mais depuis la première annonce, le budget est passé de 750 millions à plus de 900 millions d'euros. Le porteur de projet justifie cette hausse par l'ajout d'un vaste campus étudiant pour les industries créatives.
Financements flous et colère des habitants
Face à ces promesses hollywoodiennes, la pilule a beaucoup de mal à passer auprès des locaux. Réunis dans le collectif "Bresson Patrimoine", une vingtaine de familles dénoncent un écran de fumée.
Dans les colonnes de L'Indépendant, les habitants tirent à boulets rouges sur le financement du projet, qu'ils jugent extrêmement opaque : « D'où viennent les fonds ? Ce projet sera-t-il vraiment viable ? Pourquoi prendre ce risque ? » s'insurgent-ils. En clair, ils exigent que le porteur de projet pose (enfin) ses cartes sur la table.
La plus grosse crainte du quartier ? La spéculation immobilière. Pour que le parc voie le jour, il faut modifier le zonage agricole des terres. Les riverains redoutent qu'une fois les terrains rendus constructibles, le projet de parc ne capote mystérieusement pour laisser place à... un immense projet immobilier ultra-lucratif.
Soutien politique contre inquiétudes locales
Si le projet a longtemps été rejeté par d'autres villes du Sud, il bénéficie aujourd'hui du soutien acharné de Louis Aliot, maire de Perpignan et nouveau président de l'agglomération. L'édile promet même de réviser le plan d'urbanisme pour forcer le passage. Entre promesses de développement faramineuses et doutes tenaces sur la viabilité financière, la concertation publique des prochains mois s'annonce comme un véritable film d'action !



